
À l’occasion de VivaTech 2026, Eric Salobir, président de la Human Technology Foundation, est intervenu lors de plusieurs tables rondes consacrées aux grands défis posés par les transformations technologiques en cours. Emploi, intelligence artificielle, inclusion et souveraineté numérique ont été au cœur des échanges, dans un contexte où les avancées de l’IA redéfinissent déjà les équilibres socio-économiques et géopolitiques.
Invité par la Caisse des Dépôts, Eric Salobir a participé à une table ronde aux côtés de Pierre Aubouin, directeur exécutif de la Caisse des Dépôts, consacrée à une question devenue centrale : comment concilier développement de l’intelligence artificielle, responsabilité et préservation de l’emploi ?
Quelques enseignements clés de cet échange :
- Distinguer IA générative et IA agentique : Ces deux technologies sont souvent associées, mais leurs effets sur le travail et l’emploi sont très différents.
- L’IA générative, un gain de productivité avant tout : Aujourd’hui, elle permet surtout aux professionnels qui savent l’utiliser efficacement de gagner du temps et d’améliorer leur performance. À ce stade, son impact direct sur l’emploi reste limité.
- L’IA agentique, un changement d’échelle : En automatisant des processus complets, l’IA agentique est susceptible de transformer en profondeur l’organisation du travail et d’avoir un impact significatif sur certains emplois.
- Un défi particulier pour les jeunes générations : Cette évolution soulève notamment la question de l’accès au marché du travail pour les jeunes, dans des secteurs où les postes d’entrée pourraient être fortement réduits par l’automatisation.

Le lendemain, à l’invitation de Salesforce, Eric Salobir participait à la table ronde « Tech that connects us: Building a more inclusive, human-centered society », aux côtés du Dr Nadi Albino (UNICEF) et de Tim Christophersen (Salesforce).
Les échanges ont porté sur les conditions nécessaires à un développement technologique réellement inclusif. Alors que les innovations se déploient à un rythme inédit, la question n’est plus seulement de savoir ce que la technologie permet, mais dans quelle société nous souhaitons l’inscrire.
Cette réflexion rejoint l’une des convictions fondatrices de la Human Technology Foundation : le progrès technologique doit rester au service du développement humain.

Ces échanges ont également fait écho aux travaux récents de la Fondation sur la souveraineté numérique, présentés lors de VivaTech à travers le rapport Maîtriser ses dépendances : le vrai levier de la souveraineté numérique.
À l’heure où l’intelligence artificielle, le cloud et les infrastructures numériques deviennent des composantes essentielles de nos économies, la souveraineté numérique ne peut plus être réduite à une simple question technologique. Elle soulève des questions de gouvernance démocratique, d’autonomie stratégique, de résilience économique mais aussi de responsabilité environnementale et de formation des citoyens.
Pour la Human Technology Foundation, l’enjeu est la capacité à choisir ses dépendances et à construire les conditions d’une autonomie éclairée.
L’un des moments forts de cette édition de VivaTech a été l’annonce, par Eric Salobir sur la Main Stage, du lancement de la coalition « IA agentique et travail », portée par la Human Technology Foundation.
Cette initiative part d’un constat simple : l’IA agentique ne se limitera pas à améliorer la productivité des organisations. En automatisant des processus complets et en prenant en charge des tâches jusqu’ici réalisées par des équipes humaines, elle est appelée à transformer en profondeur les méthodes de travail, les organisations et les parcours professionnels.
Cette transition représente un défi social majeur qui doit être anticipé et surtout accompagné.
C’est précisément l’ambition de la coalition « IA agentique et travail » : réunir entreprises, experts et acteurs de la transformation pour mieux comprendre les impacts de ces technologies, identifier les métiers et compétences de demain, concevoir les dispositifs de formation nécessaires et favoriser les coopérations entre entreprises afin de créer de nouvelles opportunités professionnelles pour les collaborateurs concernés par ces évolutions.
Présentée officiellement à VivaTech, cette coalition rassemble déjà plus de 25 entreprises membres de la Human Technology Foundation. Elle a vocation à devenir un espace de dialogue, d’expérimentation et d’action collective pour préparer l’avenir du travail à l’ère de l’IA agentique.

Les débats qui ont animé VivaTech cette année illustrent une réalité de plus en plus évidente : les enjeux liés à l’intelligence artificielle dépassent largement le cadre de l’innovation technologique.
Ils touchent à l’emploi, à l’éducation, à la cohésion sociale, à la compétitivité économique et à la souveraineté démocratique. Face à ces défis, la Human Technology Foundation poursuit son travail de réflexion et de dialogue afin de contribuer à une gouvernance des technologies qui place l’humain au cœur des choix collectifs.
Car l’avenir de l’IA ne se résume pas à ce que les technologies seront capables de faire, mais à ce que nous déciderons d’en faire.